Éditorial

28 juillet 2025

Toutes les sportives ont connu la frustration de ne pas être traitées à leur juste valeur dans les médias. Pourtant, de l’obstruction faite à Kathrine Switzer au marathon de Boston en 1967, à sa victoire new-yorkaise en 1974, jusqu’aux médaillées olympiques de 2024 : les sportives n’ont cessé de nous émerveiller. Althéa Laurin-OLY au taekwondo, Cassandre Beaugrand au triathlon, Amandine Buchard au judo, et toutes les femmes faisant passionnément vibrer le monde sportif, méritent que les plumes se mettent au diapason de leurs exploits.

Seulement, la sous-médiatisation des femmes parcourt la presse sportive : 18% de la couverture médiatique se consacre au sport féminin contre 82% pour le masculin*. Pour que le sport féminin devienne rentable aux médias qui le diffusent, il faudrait d’abord que ces derniers lui consacrent une médiatisation plus large. Cette moindre couverture médiatique réduit l’intérêt des sportives aux yeux des annonceurs et sponsors, entraînant un manque de financement nuisible aux performances et à la formation d’un vivier important d’athlètes. Cet arbitrage lacunaire se fait au dépend des athlètes féminines : neuf fois championne de France de lancer de marteau, Alexandra Tavernier a été tenue d’ouvrir une cagnotte pour préparer les Jeux Olympiques de Paris 2024. Aucune sportive ne devrait se concentrer sur la recherche de financement au détriment de sa préparation physique.

Sur le terrain comme dans les médias, la juste valeur des femmes n’a pas toujours été reconnue. La presse sportive peine parfois à les traiter en championnes et frôle le carton rouge quant à l’intérêt qu’elle leur concède : moins de signes, moins de « Unes », moins d’enthousiasme. Si les récentes années se sont caractérisées par un essor de la couverture médiatique des sportives, une part importante du travail reste à faire pour que la qualité de leurs récits soit à la hauteur des performances.

L’Ouvreuse refuse que la prose du journaliste manque l’effort des sportives : la puissance de leurs mêlées, la vitesse de leurs courses, la souplesse de leurs figures. L’Ouvreuse refuse que le traitement des femmes dans le sport se limite aux questions personnelles, aux plans serrés ayant fait la honte des diffusions de Beach-Volley. L’Ouvreuse refuse que le sport féminin soit relégué aux dernières pages, qu’elles subissent les « bascules » télévisées, constatant impuissantes le retrait de leurs programmations en fonction des exploits masculins. L’Ouvreuse souhaite, qu’à travers ses pages, les femmes ne soient plus reléguées au banc de touche médiatique.

Avec ferveur, L’Ouvreuse accompagne et reconnaît les sportives dans leur excellence. En escalade, la plume de L’Ouvreuse suivra les grimpeuses ouvrant la voie jusqu’au sommet. Au rugby, elle narrera le match jusqu’à l’essai. En cyclisme, elle annoncera le passage des coureuses. Au plus près de l’événement, L’Ouvreuse guide les regards et éclaircit l’action. Taillant par la plume les principes de ce journal d’information numérique et indépendant, nous mettons notre prose au service de la performance des sportives.

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Bonne lecture et bon match.
Romane Quoniam, rédactrice en cheffe