Les rugbywomen françaises s’inclinent 6 à 40 face aux Red Roses d’Angleterre, lors du match de préparation à la Coupe du monde démarrant le 22 aout prochain.
Samedi 9 aout, 21h10 : le silence est pesant dans le stade André-et-Guy-de-Boniface à Mont de Marsan dans les Landes. Le temps se suspend avant le coup d’envoi du Crunch. Dans 13 jours, la coupe de monde féminine sera lancée et se déroulera jusqu’au 27 septembre. Affronter les Red Roses est donc un point de passage obligatoire pour que nos Bleues se préparent à cette exigeante compétition.
L’Angleterre, premier adversaire
Si cette rencontre constitue le premier match de préparation pour les françaises, ce n’est pas le cas pour leurs adversaires qui affrontaient déjà les Espagnoles samedi 2 aout dernier, leur imposant un score final de 97-7. Malgré cette démonstration la semaine passée, les 15 victoires d’affilée à leur actif contre les Bleues, et leur victoire en finale du Tournoi des Six Nations à Twickenham en avril dernier (43-42), les françaises ne tremblent pas devant les Red Roses. Gaëlle Mignot et David Ortiz, sélectionneurs de l’équipe de France, font le choix de l’expérience et reconduisent 11 des 15 joueuses titulaires. Parmi les changements, Carla Neisen, 26 sélections nationales, épaulera au centre sa co-capitaine Marine Ménager. Chez les avants, Léa Champon, 8 selections, intégrera la mêlée en tant que troisième ligne et deux nouvelles titularisations concernent les postes de piliers avec l’arrivée de la bordelaise Annaëlle Deshaye, 49 sélections, et la montpellieraine Rose Bernadou, 12 sélections.
Un match porté par les Red Roses
Dès la première minute de jeu, Chambon renvoie les Anglaises dans leur camp par une sortie de camp à belle longueur. Le match s’ouvre toutefois dangereusement sur une défense française ébranlée par le passage de la troisième-ligne aile Morwenna Talling, qui marque le premier essai à 4 minutes du coup d’envoi (0-5). Les bleues se reprennent rapidement avec une stratégie limpide : être féroces au contact. Elles parviennent à gêner le passage anglais, mais ne peuvent empêcher l’essai de Cokayne à la 15e minute, transformé par la demi-d ’ouverture Zoe Harrison (0-12). La nouvelle talonneuse du XV des Red Roses a en effet pu franchir la ligne d’en-but, poussée par le puissant maul anglais. Les premiers points Français profitent du rude comportement anglais aux frais de leur capitaine Aldcroft, corrigée par l’arbitre Sud-Africaine Aimee Barret-Theron. La pénalité à 20m face aux perches (3-12) signée Morgane Bourgeois ne permettra pas de renverser la dynamique en fin de première période. La stratégie anglaise du port du ballon est efficace et la pilier Maud Muir marque un troisième essai transformé par Harrison (3-19).
La détermination sans faille des Françaises
La deuxième mi-temps commence fort pour les bleues : la troisième ligne Teani Feleu engage une course offensive de près de 20 mètres avant d’être arrêtée par la solide défense anglaise dans leurs 22 mètres. Désormais tournées vers le jeu offensif, les Bleues déstabilisent suffisamment les Red Roses pour laisser Bourgeois marquée de nouveau trois points de pénalité (6-19). Mais le couperet anglais se rabat rapidement sur le XV tricolore lorsque la demi de mêlée Natasha Hunt profite d’une mêlée à 5 mètre pour servir rapidement sa deuxième centre Megan Jones et offrir un nouvel essai transformé à son équipe (6-26). Les trente minutes suivantes sont traversées de vaines tentatives d’essais par les deux camps : la force défensive bleue rencontre brutalement l’offensive rouge, révélant alors ce que le Crunch a de plus sismique. La situation se décoince à la 74e minute par un essai de la talonneuse Lark Atkin-Davies, transformé par Harrison, encore une fois fidèle à leur stratégie de ballon porté (6-33). Atkin-Davies marque une nouvelle fois à la 77e, dernier essai de cette rencontre, qui ne décourage pourtant pas Grisez qui se lance dans une dernière percée jusqu’aux 15 mètres de l’en-but anglais à la 80e minute.
Les joueuses anglaises ont dominé le Crunch par le jeu ultraréalistes. Elles forcent l’admiration et s’imposent dans ces phases de test, dessinant l’horizon d’une Coupe du Monde prometteuse. Malgré cette correction, les françaises ont vécu un match riche en enseignement avant de fouler de nouveau le terrain pour la compétition officielle le 23 aout contre l’Italie, le 31 aout contre le Brésil et le 7 septembre contre les Springboks féminines.